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Expédition de prospection - Juillet 1926

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Expédition de prospection - Juillet 1926

Message par Franz Biedarzer le 6/7/2016, 2:23 am

Journal de bord de l'expédition
Lieutenant Franz Biedarzer, commandant en second 2ème compagnie, 1er bataillon, 11ème Régiment d'Infanterie de Marine, 1ère Division Expéditionnaire

But de l'expédition:
Au nom de Sa Majesté Impériale Philippe Ier, nous avons pour mission d'explorer et de prospecter les premiers contreforts de la montagne centrale de Quetzagonie, tout en restant à l'intérieur des frontières du territoire du peuple Zarayas, dans le but de trouver des ressources qui serviront à asseoir la toute-puissance du Saint-Empire d'Edoran.


Détails et observations:
Le Commandant Saint-Vié nous a chargé de cette mission. Le périmètre autour de Fort-Saint-Charles a déjà été exploré et nulle découverte n'y a été faite. Il convient donc de pousser plus loin l'exploration. Les ordres sont très clairs: cette exploration doit se limiter aux territoires Zarayas et ne franchir aucune frontière.
Il m'a été expliqué que les Zarayas sont un peuple ami, au contraire des Azcas, et qu'ils nous avaient autorisé à nous rendre à l'endroit où nous voulons prospecter. (Lors de l'installation de Fort-Saint-Charles, les émissaires Zarayas ont dit qu'il ne s'agissait pas de "terres sacrées". Ordre a tout de même été donné de faire montre du plus grand respect et de la plus grande prudence à ce propos).

Deux moines du monastère Ethériste se sont joints à la mission, ils ont déjà voyagé dans cette direction en tant que missionnaires. Le Commandant nous a également fourni son meilleur traducteur, un Zarayas du nom de Cambulac.
Les missionnaires et Cambulac ont été très clairs: les chemins par lesquels nous allons passer ne permettent pas d'utiliser de véhicules motorisés, ni même de nous déplacer en nombre, en raison de la jungle luxuriante. Nous allons donc devoir partir en nombre restreint, en utilisant des chevaux et des ânes comme moyens de locomotion et de transport (Un retour en arrière de vingt ans!).

(Note sur Cambulac: C'est le premier contact direct que j'ai avec un Quetzagonien, et je suis plus que surpris! Je m'attendais à un sauvage mal dégrossi et il n'en est rien! Il utilise notre langue très bien et est très poli. Il sourit tout le temps et a l'air heureux de nous aider. Faits intéressants: ses lobes d'oreille sont percés d'énormes trous et il porte un beau collier d'or, signe apparemment de son importance chez les Zarayas, mais qui fait l'envie des soldats de la compagnie.
L'accompagne une Azca qui s'appelle Anamaya. Elle nous regarde avec mépris, semble nous haïr. C'est apparemment une esclave, ou une prisonnière de guerre, que les Zarayas ont capturé chez les Azcas lors d'un conflit frontalier, Cambulac m'a dit avoir besoin d'elle pour qu'elle lui prépare à manger. Il dit ne pas supporter nos rations (J'ai goûté ce qu'elle lui prépare. Immangeable. Deux heures après, je buvais encore de l'eau pour calmer les brûlures de mon gosier)).



Nous emportons des vivres pour quatre semaines, durée prévue de l'expédition. De l'eau pour cinq jours: on m'a assuré qu'il y a de nombreux puits sur notre route et qu'ils étaient les seules possibilités pour avoir de l'eau pure, les rivières et autres points d'eau naturels grouillant de bêtes et parasites très dangereux.

Ci-dessous une carte sommaire du trajet de l'expédition, montrant le point d'arrivée supposé et les deux points d'eau prévu pour le ravitaillement:



Composition détaillée de l'expédition:
- Nos guides: Cambulac (Et Anamya) et les deux missionnaires
- Deux pelotons de la deuxième compagnie, soit cinquante-quatre hommes
- Cinq éleveurs de Fort-Saint-Charles, qui auront la charge des chevaux et ânes
- Vingt prospecteurs
- Vingt mineurs
- Une trentaine de Zarayas, qui feront office de porteurs, de gardiens des animaux et de courriers pour faire la liaison avec Fort-Saint-Charles
Soit un total de 132 hommes et une femme.
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Franz Biedarzer
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Re: Expédition de prospection - Juillet 1926

Message par Franz Biedarzer le 7/7/2016, 3:24 am

Spoiler:
Faille spatio-temporelle en formation, faîtes attention!


Jour 1
Au soir


Nous avons parcouru une bonne distance aujourd'hui. Les chemins Zarayas sont bien tracés et même si une jungle qui semble impénétrable n'est qu'à quelques mètres, nous pouvons encore cheminer à un bon rythme.

Rien d'autres à signaler.


Jour 2
Au soir


Nous nous sommes enfoncés plus loin dans le territoire Zarayas. La marche devient plus éprouvante pour les hommes. Je regrette ma première impression à mon arrivée à Fort-Saint-Charles: l'humidité et la chaleur étouffante sont très dures à vivre, je comprends mieux le fait qu'ils n'aient pas une tenue impeccable. À notre départ, je leur avais ordonné d'avoir des uniformes parfaits et de marcher au pas, comme à la parade. J'ai aujourd'hui donné un contre-ordre pour qu'ils puissent se relâcher un peu, sinon cela aurait été intenable.

Rien d'autres à signaler.


Jour 3
Midi


Le contre-ordre de la veille a été apprécié, les hommes semblent apprécier que je les autorise à faire preuve d'un peu de relâchement. J'apprécie de mon côté qu'ils tiennent tout de même à rester présentables, contrairement à ce que j'ai pu voir à Fort-Saint-Charles.
Heureusement, car nous venons de nous arrêter dans un village Zarayas. Les habitants nous ont bien accueilli et nous ont offert des fruits et de l'eau. Ils sont très sympathiques, mais tout de même plus sauvages que les Zarayas qui traitent habituellement avec le Fort-Saint-Charles. Les hommes semblent d'ailleurs se rendre compte de la valeur de ce peuple seulement maintenant.
Cambulac a été bien utile pour nous faire comprendre des gens de ce village. Ces derniers le regardaient d'ailleurs avec beaucoup de respect et aussi de la peur, ne le regardant jamais en face. Cambulac m'a expliqué que c'était à cause du collier d'or qu'il porte: cela veut dire qu'il fait partie de la noblesse du crû et les habitants de ce village le traitent donc avec beaucoup d'estime, contrairement à cette sauvageonne d'Anamaya: à peine ont-il reconnu en elle une Azca que les Zarayas lui ont craché dessus, certains lui donnant même quelques coups.

Rien d'autres à signaler.


Jour 4
Au soir


Nous sommes arrivés au premier puits et y avons établi notre campement pour la nuit. Les Zarayas sont ingénieux, très clairement: jusque là, nous n'avons trouvé que des mares d'eau croupissante et l'eau de la seule rivière que nous avons traversé était boueuse, totalement imbuvable, alors que l'eau de ce puits est claire comme de l'eau de roche.
Les hommes sont très heureux, les réserves d'eau emportées de Fort-Saint-Charles commençant à être presque terminées.

Par ailleurs, nous avons envoyé deux Zarayas qui nous accompagnent vers Fort-Saint-Charles avec un courrier pour signaler au Commandant Saint-Vié que l'expédition n'avait rencontré aucun problème.

Rien d'autres à signaler.


Jour 5
Au soir


Un événement malheureux aujourd'hui. Un prospecteur du nom de Jean Luçon, qui m'avait l'air fort sympathique quand j'ai discuté avec lui il y a quelques jours, s'est écarté du chemin tracé par les Zarayas et a dérangé un serpent et s'est fait mordre avant que quiconque ait pu faire quelque chose.
Cambulac a pu voir le serpent et a pris un air triste. Son esclave, Anamaya, en ayant pourtant le même air de haine et de dégoût envers nous, s'est précipitée pour aider le pauvre Jean Luçon, mais s'est vite relevée, dépitée. Il n'y avait rien à faire et le pauvre homme est mort en moins d'une minute.
Nous avons creusé une tombe profonde, pour éviter que des bêtes ne s'attaquent à la dépouille et avons marqué le terrain pour pouvoir récupérer le corps lorsque nous repasserons ici quand nous reviendrons à Fort-Saint-Charles.

Rien d'autres à...



Jour 6
Après-midi


Encore un fâcheux événement aujourd'hui.

Ce matin, j'étais à l'avant de la colonne quand j'ai entendu nos aides Zarayas hurler "Non!" à plusieurs reprises. J'ai surpris un de nos hommes, le caporal Lembrun, en train de dépouiller un Zarayas d'un collier d'or. Ce Zarayas n'était pas l'un des nôtres, mais quelqu'un que nous venions de croiser.
Apparemment, ce Zarayas (Il avait un collier d'or!) est un prêtre local très important, d'où le fait que nos propres Zarayas aient tenté d'empêcher Lembrun de commettre son forfait. Lembrun pensait qu'en restant en arrière, je ne remarquerais rien. Lembrun a été mis aux arrêts de rigueur et est maintenant en charge d'un âne de la colonne (Je ne pouvais pas le renvoyer à Fort-Saint-Charles évidemment).

J'ai ensuite déjeuné avec Cambulac et son esclave (Que je crois avoir vu sourire quand j'ai souffleté Lembrun pour son vol). Le contraste entre le Zarayas et l'Azca ne cesse de me surprendre: il est toujours aussi souriant et aimable, elle semble toujours emplie de haine et de mépris à mon égard (J'ai sûrement rêvé ce sourire. Elle ne doit jamais sourire. Les Azcas ne sourient jamais, m'a-t-on dit: les Zarayas les considèrent comme des démons, fourbes et menteurs).

Rien d'autres à signaler.


Jour 7
Au soir


Nous avons visité le dernier village sur notre chemin. Moment toujours agréable. Les hommes se sont encore mieux comportés que d'habitude, probablement en raison de l'exemple que je compte faire du caporal Lembrun.

Les missionnaires ne sont jamais allés plus loin que ce village. Cambulac affirme que le chemin va être encore plus difficile et qu'il n'y a plus âme qui vive ensuite: les contreforts de la montagne centrale ont été exploités il y a longtemps, mais abandonnés depuis. Néanmoins, les prospecteurs m'ont assuré qu'avec notre avancée technologique, nous trouverions forcément des ressources intéressantes que les Zarayas ne pouvaient exploiter, contrairement à nous.

Rien d'autres à signaler.


Jour 8
Au soir


La route est effectivement plus difficile. Nous nous enfonçons littéralement dans la jungle. Mon cheval est fatigué en à peine une heure. Je plains les hommes qui voyagent à pied.
Mais on nous a assuré que d'ici trois jours, nous serons arrivés.

Rien d'autres à signaler.



Jour 9
Midi


Catastrophe! Le puits qui devait nous ravitailler en eau fraîche est contaminé. Des charognes en décomposition flottent dedans. Un de nos hommes, assoiffé, a bu de cette eau, malgré que je l'ai interdit et il est mort.



Jour 9
Au soir


On me signale que Cambulac, que je cherchais à voir depuis la découverte du puits contaminé est introuvable. Nous avons fouillé les alentours, sans résultat. Je crains ce qu'il va nous arriver, sans lui.
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Franz Biedarzer
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Re: Expédition de prospection - Juillet 1926

Message par Franz Biedarzer le 8/7/2016, 4:33 am

À peine la dernière entrée du journal de bord couchée sur le papier, que deux soldats de la compagnie entrent en trombe dans la tente improvisée de Franz.

- Lieutenant, nous venons de faire un compte du personnel de l'expédition, il manque aussi trois Zarayas qui nous accompagnaient et un âne!
- Vous avez trouvé des traces de pas? Des herbes ou des fourrés écrasés ou cassés?
- Rien, mon Lieutenant!
- Et les Zarayas restants, que disent-ils?
- C'est qu'on ne comprends rien à ce qu'ils baragouinent, ces foutus singes. On a...
- Soldat, votre langage! Ce ne sont pas des singes!
- Pardon, Lieutenant! Comme je vous disais, on a essayé de leur parler, avec l'aide des deux missionnaires, mais de ce qu'on comprend de leur dialecte, ils ne savent rien et n'ont rien vu.
- Si vous la trouvez, amenez-moi la sauvageonne, Anamaya je crois, qui accompagnait Cambulac.

Les soldats le saluèrent dans les formes (Franz avait insisté lourdement pour que l'étiquette soit respectée à la lettre, même aussi loin de la civilisation qu'ils étaient) et quittèrent la tente. Franz se leva de sa chaise et commença à faire les cent pas, ou plutôt les cinq pas, vu la taille de sa tente. Il faisait toujours ainsi quand il voulait réfléchir et, en l'occurence, passer les problèmes en revue.

Le premier problème était évidemment la disparition de Cambulac, le principal guide de l'expédition. Avait-il été enlevé, tué ou, pire, s'était-il enfui? S'il avait été enlevé ou tué, par qui? Et s'il s'est enfui, pourquoi? Le bonhomme avait toujours été amical et serviable, Franz craignait donc une issue fatale.
De même, le jeune lieutenant se demandait pourquoi trois autres Zarayas s'étaient carapatés, bien qu'ils n'avaient pas grande importance.
Pour finir, le vrai problème à long terme était ce puits empoisonné. Et d'un, cela voulait dire qu'on voulait que l'expédition échoue. De deux, qu'ils n'avaient des réserves d'eau que pour une seule journée et qu'il fallait donc tout faire pour en trouver.

Des cris de bêtes le firent sortir de ses réflexions. On se débattait, battait et invectivait à l'extérieur de sa tente.
Franz empoigna son pistolet de service et sortit de sa tête, prêt à faire feu.

Ce n'était pas des bêtes sauvages. Pas vraiment en tout cas. C'était cette Anamaya qui se débattait comme une forcenée tandis que les deux soldats que Franz avait chargé de cette mission tentait de la ceinturer et de l'amener devant Franz.


- Arrête de bouger, bordel! beugla l'un des soldats.

Pour toute réponse, il reçut un violent coup de patte de l'Azca qui griffa profondément le visage du soldat. Fou de colère, l'Edoran répliqua en frappant la jeune fille au visage. Un coup de poing qui aurait mis K.O la moitié des membres de l'Armée, mais pas cette Anamaya! Tombée à terre, la lèvre ouverte et saignant abondamment, elle ne mit que quelques instants à reprendre ses esprits, fort heureusement suffisamment longtemps pour que les soldats puissent la ligoter, puis l'amener dans la tente du lieutenant.

Franz, lui, était furieux. Cette Anamaya était une peste, une furie, une plaie, tout ce qu'on voulait, mais, en aucune façon, cela ne pouvait justifier de la molester. Il se promit de, plus tard, réprimer sévérement le soldat trop prompt à donner des coups.

Pour l'heure, il fallait interroger cette sauvageonne, qui essayait déjà de se libérer de ses liens.


- Du calme, nom d'un chien! lui lança Franz.

En moins d'une seconde, Franz se rendit compte d'une chose: bien qu'elle n'avait jamais parler ou fait mine de le comprendre, la bougresse l'avait compris. Elle avait manifestement joué double-jeu depuis le début!

D'un geste, Franz signifia aux soldats qui étaient entrés dans sa tente avec Anamaya, ainsi qu'au missionnaire venu aider pour la traduction, de sortir. Pour être un peu plus au calme.


- Allez, calmez-vous! Je ne vous veux aucun mal!

Du mépris et de la haine dans le regard de l'Azca. Encore...

- Vous m'avez observé depuis dix jours, non? Je ne suis pas un monstre, non?

Ricanements de la jeune femme.
Franz se leva et, après avoir humecté un de ses mouchoirs personnels, entreprit de nettoyer le sang qui coulait de la lèvre ouverte de la sauvageonne, puis, ensuite, de presser la plaie pour faire stopper l'hémorragie.


- Vous voyez, je ne vous veux pas de mal. Je vais vous détacher, d'accord?
- Si vous faire ça, moi essayer de vous tuer après.
- Hum...
- Vous Edoralaids. Moi haïr vous. Moi vouloir tuer vous.
- D'accord, d'accord. On va dire que pour ma propre sécurité, je ne vais pas vous détacher. Donc, enfin, vous me parlez!
- Vous faire pitié moi avec bons sentiments. Vous fillette. Tout gentil. Vous pas valoir un orteil d'Azca! Donc moi parler vous, sinon vous après pleurer comme gamine qui a perdre poupée.
- Rah, vous en avez du caractère! Bon, cessons ces insultes! Maintenant, dîtes-moi ce qu'il se passe ici! Pourquoi notre guide Zarayas est parti?

Rires d'Anamaya.

- Vous stupides! Cambulac pas être Zarayas! Lui être comme moi: otage des Zarayas. Mais lui être homme, donc faire travail moins dégradant que cuisine, lui faire guide pour stupides et abrutis Edoralaids. Lui être noble Azca!
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Re: Expédition de prospection - Juillet 1926

Message par Franz Biedarzer le 9/7/2016, 3:01 am

Abasourdi, Franz écouta les explications de l'Azca: les Zarayas ont pour habitude de prendre des otages et prisonniers de guerre, puis de les faire travailler pour eux dans le but de leur faire aimer le peuple Zarayas. Ses explications, mais aussi ses reproches: si les Edoranais s'étaient intéressés un peu plus aux Quetzagoniens et leurs cultures, ils auraient immédiatement remarqué les lobes percés des oreilles de Cambulac, signe de son rang noble chez les Azcas, puisque ce sont là où les Azcas placent d'énormes bouchons d'oreille en or, symboles de leur rang.

Pendant que Anamaya continuait ses explications, Franz, lui, réfléchissait aux implications de ces révélations. Si Cambulac était un Azca, tout cela ressemblait bel et bien à un piège et l'empoisonnement du puits par des charognes n'était évidemment pas une coïncidence. Le jeune lieutenant n'avait plus aucun doute à ce sujet et se rappelait maintenant l'avertissement du commandant Saint-Vié: les Quetzagoniens ne laissent jamais paraître leurs vraies émotions. La bonhommie et les sourires de Cambulac n'avaient été que de la poudre aux yeux.
Restaient deux questions en suspens: quelle était le rôle de la jeune Azca dans cette affaire? Et comment allaient-ils se sortir de ce guêpier?

Anamaya n'avait pas cessé de parler et Franz la fit taire d'un geste (Fureur dans le regard de la jeune fille!).


- Dîtes-moi, pourquoi êtes-vous encore là? Vous êtes Azca aussi? Pourquoi Cambulac est parti sans vous?
- Lui mépriser moi.
- Comment ça?
- Lui pas confiance. Visions différentes.
- Mais encore?
- Vous pas pouvoir comprendre. Vous aussi réactif culture Azca que bout de bois.
- Donc, il ne vous a rien dit?
- Non. Mais moi savait que lui préparer mauvais coup.
- Pourquoi ne pas m'en avoir parlé?
- Moi pas aimer vous. Vous mourir, pas grave. Moi pouvoir survivre sans problème.

La garce! Aucune compassion chez elle! Toujours ce même regard dur et ce mépris qui transpire par tous les pores de sa peau.

Puis, soudain, Franz se rendit compte de ce que la jeune fille venait réellement de dire.


- On va manquer d'eau. Nous allons probablement mourir de soif avant de pouvoir retrouver un puits potable. Vous le savez?
- Oui.
- Pourtant, vous me dîtes que même si on boit toute notre eau, qu'on meurt de soif, vous survivrez quand même? Vous savez donc trouver de l'eau?
- Bien sûr, bout de bois idiot!
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Re: Expédition de prospection - Juillet 1926

Message par Franz Biedarzer le 11/7/2016, 5:14 am

La donzelle avait de l'originalité dans ses insultes, on ne pouvait pas lui retirer ça. Mais Franz n'appréciait que très moyennement que son intelligence soit remise en question par une sauvage dont le peuple devait avoir appris à maîtriser le feu la veille. Tout comme tous les jeunes officiers de l'Armée du Saint-Empire, il était d'une fierté immense vis-à-vis de son pays et de son armée et restait totalement sûr de sa supériorité.
Néanmoins, il se retint de faire preuve de tout mouvement de colère envers la jeune Azca et préféra continuer à faire preuve d'égard et de sympathie.


- Mademoiselle, commença-t-il, tout en réprimant un sourire en se disant que cela devait être la première fois qu'on l'appelait ainsi, je ne suis pas votre ennemi. Je suis bien conscient que nos deux peuples ont eu des problèmes par le passé, mais nous voulons vous aider, je vous le pro...
- Problèmes? Vous appeler problèmes d'avoir tué toute famille à moi?
- Euh...Et bien, toutes mes condoléances! Nos peuples se sont affrontés, nous avons gagné, non sans faire quelques erreurs. Soyez sûre que nous ne voulions pas faire de victimes civiles.

Franz n'eut pas le temps de réagir: Anamaya avait réussi à se défaire de ses liens et venait de le gifler de toutes ses forces, puis elle lui sauta dessus, le renversant et entreprit de le frapper au visage.
La bougresse avait de la force et elle faisait mal, mais rien d'insurmontable pour un jeune homme qui avait suivi des cours de combats rapprochés. Le jeune lieutenant lui attrapa les bras, les maintint solidement, puis plaqua la jeune femme au sol. Pendant quelques minutes, Franz empêcha l'Azca de bouger, jusqu'à ce qu'elle se calme, tout en continuant à lui parler:


- Bon, je vais être honnête, je suis désolé de ce qui est arrivé à votre famille, nous n'aurions pas dû utiliser du gaz sur votre capitale. Si j'avais été à la place de nos chefs, je ne l'aurais jamais fait, parce que les civils ne sont pas responsables des actions des militaires. Et là, vous devez penser à la même chose: si vous ne nous aidez pas à trouver de l'eau potable, vous n'allez pas que vous venger de moi et de mes hommes, mais aussi des civils qui sont avec nous, vous allez aussi tuer des Zarayas qui n'ont fait que nous aider et rien d'autre!
Je ne veux pas qu'ils meurent, je ne veux pas que mes hommes meurent, bon dieu, je ne veux la mort de personne! Donc aidez-nous! Et je vous promets que je vous montrerais que mon peuple n'est pas si horrible que vous le pensez!

Anamaya, après cette tirade, sembla réfléchir sans dire un seul mot, comme si elle était en pleine lutte intérieure. Franz se dit que la sauvageonne n'était peut-être pas si sauvage que cela...

- Plante vomissante. Vous mettre plante dans eau, plante tuer saletés dans eau, retirer plante puis boire eau...
- Merci! murmura Franz, lâchant en même temps les bras de l'Azca qui se remit debout immédiatement. J'étais sincère, je ne vous veux aucun mal, je veux apprendre à mieux connaître les Quetzagoniens pour que nos peuples puissent mieux s'entendre. Si vous voulez partir, je ne vous empêcherai pas de le faire, mais j'espère que vous resterez et...

Franz n'eut pas le temps de finir sa phrase que Anamaya avait déjà quitté la tente. Il sortit à sa suite et ordonna aux soldats de sa compagnie qui étaient en faction de ne rien faire pour la retenir. Ils n'auraient pas eu le temps d'ailleurs, puisque l'Azca n'avait mis qu'une poignée de secondes à s'enfoncer dans la jungle et à disparaître.

Il fut fait comme elle l'avait conseillé (De toute façon, ils n'avaient pas vraiment le choix): des plantes vomissantes Azca furent récoltés, puis utilisés pour purifier l'eau trouvé dans un ruisseau qui se situait à quelques encablures. Franz ordonna une précaution supplémentaire: faire bouillir l'eau après avoir retiré les plantes. Anamaya n'avait pas menti: l'eau était potable et après avoir attendu une journée pour repérer d'éventuels signes d'empoisonnement, qui ne vinrent pas, le lieutenant ordonna que la colonne de prospecteurs et de soldats reprennent sa marche vers l'objectif de l'expédition, non sans avoir conseillé à tous la plus grande vigilance.
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Re: Expédition de prospection - Juillet 1926

Message par Franz Biedarzer le 12/7/2016, 8:31 am

Jour 10
Matin


Nos guides, Cambulac et Anamaya, ont disparu. Le premier, que nous pensions être Zarayas, était en fait un Azca, que je soupçonne avoir agi en tant qu'agent ennemi et d'avoir tenté de nous empoisonné. La seconde, après nous avoir porté assistance, a fait le choix de partir.
Nous ne connaissons les localisations ni de l'un, ni de l'autre.
Ordre a été donné de faire preuve de la plus grande vigilance: nous ne sommes probablement pas à l'abri de futures attaques à l'encontre de notre expédition.
Néanmoins, le problème de l'approvisionnement a été réglé grâce à la plante vomissante Azca qui semble nettoyer l'eau de toutes ses impuretés. De retour à Fort-Saint-Charles, il faudra faire parvenir ces observations aux universitaires d'Edoran.
La colonne est repartie vers notre destination, que nous devrions atteindre demain


Jour 11
Midi


Nous avons atteint notre destination. Il s'agit des premiers contreforts de la montagne centrale de Quetzagonie. La jungle a très rapidement laissé la place à une étendue de petite montagne, très rocailleuse et où la couleur ocre domine outrageusement.
Nous avons trouvé un ancien village, fait de maisons d'argile assez délabrés, et nous nous y sommes installés. Les scories de métaux, les outils antédiluviens et d'autres signes que nous y avons trouvé laissent à penser qu'il s'agit là d'un ancien village de mineurs.
Nous avons baptisé ce village "Camp Philippe Ier", en homme à Sa Majesté Impériale.
J'ai déjà envoyé le premier peloton de la compagnie en repérage autour du camp, tandis que le second sécurise les lieux.


Jour 11
Au soir


Nous sommes bien dans un ancien village de mineurs: si aucun Zarayas n'a pu nous le confirmer (Nous n'avons pas croisé âme qui vive!), le premier peloton, accompagné de plusieurs prospecteurs, n'a pas tardé à trouver d'anciennes galeries de mines. Faute de temps, la prospection a dû être faite rapidement avant que l'obscurité ne tombe, mais il semblerait qu'il s'agisse bel et bien d'une ancienne mine d'or.
J'ai dû calmer certains de mes hommes qui étaient excités outre mesure par cette découverte et leur rappeler que nous sommes ici en mission pour le Saint-Empire et non pour leur enrichissement personnel.
À noter que je soupçonne le caporal Lembrun, mis aux arrêts au début de l'expédition, d'être un agitateur excitant ses anciens subordonnés. Cherche-t-il à encourager la sédition des hommes pour échapper à sa punition quand nous serons de retour à Fort-Saint-Charles?


Jour 12
Au soir


La journée a été entièrement consacrée à la prospection des galeries de mines trouvées aux alentours. Trois mines, très exactement, ont été trouvées:
- La plus proche du Camp Philippe Ier est une ancienne mine d'or. Selon les premiers relevés des prospecteurs, les Zarayas ont déjà largement exploités cette parcelle. Des opérations de minage, utilisant nos moyens techniques supérieurs, sont en cours pour déterminer si nous pourrons en tirer davantage (La journée fur rythmée par les détonations d'explosifs!).
- Le plus grand réseau de galeries est situé non loin du camp également. Il s'agit d'un gisement de cuivre. Selon les prospecteurs, il est très loin d'être épuisé et peut fournir encore plusieurs dizaines, voire centaines de tonnes, sans aucun travail trop coûteux.
- Plus en hauteur, presque à la limite du territoire Zarayas, se trouve un second gisement d'or. Apparemment, il a été à peine exploité par les Zarayas. Nous pouvons que ce gisement se poursuit du côté Azca de la montagne.

Des opérations de prospection et de minage, pour déterminer au mieux la taille des gisements, vont être effectuées lors des prochains jours, ainsi que la prise d'échantillon pour mesurer la qualité et la pureté des minerais.

Départ prévu vers Fort-Saint-Charles dans trois jours.
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Re: Expédition de prospection - Juillet 1926

Message par Franz Biedarzer le 14/7/2016, 7:54 am

Les travaux de prospection prenaient un peu de retard en ce treizième jour.
Il faut dire que le Lieutenant Biedarzer était atteint d'un rhume. Pas grand-chose en temps normal, mais là, ça devait être un rhume Quetzagonien, une souche particulièrement virulente qui obligeait à se moucher sans arrêt et il était hors de question que des traces peu éthéristes de jaune ou de vert n'entachent le journal de bord.



Spoiler:
Oui, je me trouve drôle.
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Re: Expédition de prospection - Juillet 1926

Message par Charles de Hauteville le 14/7/2016, 10:53 am

Spoiler:
C'est très bon  !

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Re: Expédition de prospection - Juillet 1926

Message par Franz Biedarzer le 14/7/2016, 11:38 am

Spoiler:
En fait, c'est pas une blague, j'ai vraiment un gros rhume et je n'ai pas trop la concentration pour écrire de longs messages. Oui, je suis une chochotte Wink
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Re: Expédition de prospection - Juillet 1926

Message par Franz Biedarzer le 15/7/2016, 11:49 am

Franz tenait entre ses mains la feuille de papier qui allait faire de cette expédition un succès: le relevé des prospecteurs!

Relevé de prospection
Mines autour du Camp Philippe Ier
Juillet 1926


Trois sites d'exploitation autour du Camp Philippe Ier ont été identifiés.

1) Une mine à 150 mètres à l'est du camp.
- De nombreux échantillons d'or ont pu être prélevés. Pureté moyenne (De plus amples test devront être effectués en laboratoire).
- Filon déjà exploité fortement par les indigènes. Malgré des excavations supplémentaires, aucune autre veine d'importance n'a pu être trouvée.
Conclusion: Ce filon semble épuisé. Possibilité tout de même de trouver de nouvelles veines plus profondément.

2) Une mine à 1.5 km au nord-ouest du camp
- De nombreux filons de cuivre ont été trouvés. Qualité supérieure.
- Site déjà exploité par les indigènes. Il reste néanmoins de grandes quantités de cuivre à extraire, sans travaux d'excavation coûteux.
Conclusion: Site très intéressant. De nombreuses galeries ont déjà été creusées et semblent solides. L'exploitation de ce site est fortement conseillé.


3) Une mine à 4 km à l'ouest du camp (+450m de dénivelé)
- Quelques échantillons d'or ont été prélevés. Qualité supérieure.
- Site à peine exploité: une seule petite galerie. Mais deux veines de grande taille ont été découvertes déjà: une sur le bout ouest de la galerie, l'autre au bas de la galerie.
- Probabilités fortes de trouver d'autres minéraux (Traces de zinc)
Conclusion: Site à exploiter obligatoirement. Néanmoins, ce site se situe à la frontière du territoire Azca et demande donc de la prudence.


Conclusion générale: Exploitation de la zone recommandée, pour de l'or, du cuivre, probablement du zinc.


Alors que le lieutenant Biedarzer contemplait ce relevé avec fierté et envie, ce qu'il ne savait pas, c'est qu'à quelques centaines de mètres plus loin, bien cachés derrière une formation rocheuse qui leur permettaient de passer inaperçus, un petit groupe d'Azcas se trouvait là, observant les faits et gestes des Edoranais.

À leur tête, Cambulac, les armes à la main.
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Re: Expédition de prospection - Juillet 1926

Message par Franz Biedarzer le 16/7/2016, 11:42 am

"C'était le compte à rebours final", comme le chantait un célèbre groupe d'Alémanie.

Le moment où tout allait se décider...

Le groupe de guerriers Azcas se rapprochent furtivement du Camp Philippe Ier, profitant de la nuit qui commence à tomber pour ne pas se faire repérer. Ils connaissent bien le terrain et l'ont déjà étudié avant que les Edoranais n'arrivent sur place.

Nul ne les repère.

Ils sont tout proches maintenant. Les Edoranais, dont leur chef, Franz Biedarzer, sont à portée de lances, arme certes primitive, mais qui a l'avantage d'être discrète et précise quand elle est bien utilisée.

L'honneur de lancer la première lance est pour Cambulac, le chef du petit groupe. Sans hésiter, il vise Franz Biedarzer. Il va l'avoir, c'est sûr. De toutes ses forces, il lance son projectile.



Spoiler:
C'est parti pour un lancer de dés! J'aurais dû l'utiliser avant, vu que c'est un récit "en solo". Pour être totalement honnête, j'annonce tout de suite que si ça tombe sur 1 ou 2, l'issue va être tragique Wink
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Re: Expédition de prospection - Juillet 1926

Message par Administrateur le 16/7/2016, 11:42 am

Le membre 'Franz Biedarzer' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'dés classiques' : 4

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Re: Expédition de prospection - Juillet 1926

Message par Franz Biedarzer le 16/7/2016, 11:56 am

Spoiler:
Ouf! Alors, 1, ça aurait été la mort de Franz; 2, estropié à vie; 4, vous allez voir; et les autres, vous ne saurez pas Wink

Franz n'a pas eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait. Un instant, il était devant le feu du camp, à lire le rapport de prospection et, une seconde plus tard, il était à terre...

Quelqu'un l'avait poussé. Ou plutôt s'était jeté sur lui pour le faire tomber. Il est sur le point de prendre son arme quand il se rend compte que celle qui l'a fait tomber n'est autre que Anamaya, la jeune Azca. Et qu'elle saigne abondamment d'une plaie à la joue.
Franz comprend ce qu'il vient de se passer: là où il se trouvait il y a quelques secondes, il y a une lance plantée dans le sol. L'Azca l'a protégé. Lui a sauvé la vie!


- Merci!
- Cambulac attaquer! Attention!

Des cris résonnent dans le camp. Deux soldats de la compagnie viennent de tomber, chacun le corps transpercé d'une lance.
Plusieurs Azcas sont déjà entrés dans le camp et se battent au corps à corps avec des soldats éberlués et totalement pris par surprise.


"Rassemblement" hurle Franz à plusieurs reprises.

C'est son baptême du feu. Franz dégaine son pistolet et abat un premier Azca qui se dirigeait vers lui. Puis un second qui s'apprêtait à abattre son casse-tête sur un mineur désarmé.
Ses hommes commencent à reprendre leurs esprits. Ils se regroupent à côté de Franz. Les forces sont équilibrées, une quinzaine d'hommes de chaque côté (Une bonne partie des militaires Edoranais sont en dehors du camp, à veiller sur les sites d'exploitation qu'étudient encore les prospecteurs).

Mais l'effet de surprise étant passé, c'est désormais la puissance de feu et la supériorité technologique des Edoranais qui font la loi.

Les Azcas, sous un feu nourri, tombent les uns après les autres. Ils sont mis en déroute et commencent à fuir.

Cambulac, que Franz espérait prendre vivant, a réussi à s'échapper...


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Re: Expédition de prospection - Juillet 1926

Message par Franz Biedarzer le 17/7/2016, 9:01 am

Franz n'en revenait pas. Il avait vécu son baptême du feu, verser le premier sang, fait ses premières armes, croisé le fer. Bref, il avait combattu réellement pour la première fois, comme toutes ces expressions bien connues l'indiquaient. Mieux encore, il avait dû commander seul et avait triomphé.

Non sans quelques pertes...

Trois hommes de la compagnie, un mineur et deux éleveurs chargés des bêtes avaient perdu la vie. Plus tard, après avoir ordonné aux équipes réparties sur les différentes sites de prospection et que l'une d'elle ne revint pas, seront découverts les dépouilles de quatre autres soldats, deux prospecteurs et un mineur.

Bien vite, l'adrénaline cesse de faire effet. Les pertes sont considérables et, même s'il y a plus d'Azcas morts que d'Edoranais, il est difficile de ne pas se rendre compte que l'attaque Azca a été un succès: l'Empire Azca peut se permettre de perdre une trentaine d'hommes sur les dizaines de milliers que compte leur armée, tandis que perdre plus d'une douzaine d'hommes de Fort-Saint-Charles, qui ne compte qu'un peu plus de 4000 habitants, est un drame.

Franz se rappelle le conseil que lui a donné le commandant Saint-Vié avant de partir de Fort-Saint-Charles: au moindre problème, retourner vers la colonie. Le lieutenant avait décidé de ne pas le prendre en compte quand ils avaient trouvé un puits empoisonné, mais là, l'affaire était autrement plus sérieuse.

Il va retourner au Fort. Au plus vite.

Franz n'hésita pas une seconde (Il avait gagné en assurance en quelques semaines!) et donna l'ordre de replier bagage au plus vite et de se préparer à quitter le Camp Philippe Ier.

Quelques blessés étaient encore soignés par Anamaya, qui était restée pendant et après l'attaque. Sauf infection, leurs cas ne poseraient pas de problème pour la marche de retour et, au pire, il y avait encore quelques chevaux bien vaillants qui pourraient transporter ces blessés.


Le lendemain, la troupe se met en route. Franz a laissé son cheval à un caporal de la compagnie qui a le poignet fracturé et chemine donc à pied.
À ses côtés, la jeune Azca Anamaya.


- Vous revenez donc avec nous?
- Obliger! Vous pas pouvoir soigner blessés. Moi connaître plantes. Empêcher infections!
- Je vous en remercie, Anamaya. Et je vous remercie encore de m'avoir sauvé hier.
- Obliger aussi. Vous être seul Edoranais que moi pas détester.

Est-ce un compliment sous l'insulte envers tout un peuple?

- Vous pouvez soigner votre cicatrice, au fait?

Franz faisait allusion à la cicatrice laissée par la pointe de la lance de Cambulac qui avait laissé une entaille impressionnante sur la joue de l'Azca quand cette dernière avait sauvé Franz. Il avait remarqué que si elle avait bien soigné tous les blessés de l'expédition, elle avait à peine essayé de soigner sa propre blessure, se contentant d'y appliquer une pâte verte, probablement à base de plantes antiseptiques.

- Moi pas soigner. Ou pas recoudre. Moi vouloir garder la cicatrice pour moi rappeler traîtrise Cambulac. Et que moi vouloir moi venger de Cambulac.
- Je vois. Une sorte de rappel. Vous êtes, ma foi, très intéressante, Anamaya.
- Et vous être Edoranais typique: dire choses que tout le monde savoir déjà. Tout le monde savoir chez Azca que Anamaya être très intéressante...


Rien ne fut à noter durant ce trajet de retour: les blessés se remettaient petit à petit; l'officier qu'était Franz apprenait à endurer les difficultés de l'homme de troupe, tout en discutant avec les Zarayas de la colonne, ainsi que la jeune Azca; aucune autre troupe Azca ne fut repérée. Et, le chemin étant connu, le retour fut bien plus rapide que l'aller.

Bientôt, la porte principale de Fort-Saint-Charles fut en vue.
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