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Quartier de Franz Biedarzer

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Quartier de Franz Biedarzer

Message par Franz Biedarzer le 17/7/2016, 10:15 am

Quand il était arrivé à Fort-Saint-Charles, le lieutenant Franz Biedarzer n'avait même pas eu le temps de s'installer dans ses propres quartiers dans le fort militaire, puisque il était parti en expédition deux jours à peine après son arrivée.

Maintenant qu'il était de retour de cette expédition, il avait pu prendre possession de cette chambre spartiate: le fort n'était pas grand et n'était pas conçu pour accueillir un bataillon supplémentaire, en l'occurence le sien qui était venu renforcer la garnison habituelle de Fort-Saint-Charles. C'est pourquoi il logeait dans ce qui était presque un débarras, à peine digne d'un sergent-chef.

Néanmoins, c'était "chez lui" en quelque sorte. Et, luxe important, il bénéficiait de sa propre table pour écrire.

Écrire, Franz devait le faire immédiatement d'ailleurs. Lui qui pensait que la communication n'avait pas été interrompue lors de son expédition avec Fort-Saint-Charles avait appris, avec consternation, qu'aucun des courriers qu'il avait envoyé n'était parvenu.
Le jeune lieutenant devait donc rapidement prendre la plume pour envoyer une lettre à sa famille pour les rassurer. Ils devaient être morts de peur, surtout les jeunes sœurs de Franz. Heureusement que son père était là pour les rassurer, se disait le jeune homme.
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Re: Quartier de Franz Biedarzer

Message par Franz Biedarzer le 18/7/2016, 8:13 am

S'il avait pensé être tranquille en ce lendemain de retour d'expédition, Franz s'était lourdement trompé. Le rapport qui avait été envoyé à l'état-major de l'Armée avait eu un retentissement inattendu et avait semé quelque peu la panique parmi les officiers supérieurs de la garnison et du bataillon: le Feld-Maréchal de Hauteville venait en personne à Fort-Saint-Charles. Et probablement pas tout seul, puisque il venait à bord du "Tchécoslovénie".

Le commandant Saint-Vié avait donc chargé Franz, avec d'autres officiers du bataillon, de faire place nette au sein du protectorat (Franz avait l'impression que cela avait gêné son officier supérieur de le remettre à la tâche aussi vite, mais il n'en était pas sûr, le personnage étant tellement bourru et abrupt).
Accompagné d'un sergent et de deux soldats, Franz avait donc fait le tour des débits de boissons pour appeler les vendeurs à modérer les consommations des clients. Puis, ils avaient hérité du plus gros morceau du protectorat: la Mère Viviane, qui, malgré son nom, n'était pas du tout à la tête d'une communauté religieuse, mais de la maison close de Fort-Saint-Charles.
Après avoir été affublé de sobriquets du genre "Mon mignon" et autres "Belle paire", Franz avait réussi à convaincre la mère maquerelle de garder ses donzelle à l'intérieur de son établissement pendant la visite du Feld-Maréchal au lieu d'exposer la "marchandise" à la vue de tous. Cette visite faillit se conclure dramatiquement quand la Mère Viviane proposa, à titre gracieux, les services d'une vieille Eslagnole édentée au jeune lieutenant, ce qu'il parvint à éviter.



C'est donc fourbu que ce soir là, le jeune lieutenant se coucha. Mais la nuit ne fut guère réparatrice.
Sans cesse, dans son sommeil, apparaissait, réapparaissait, encore et toujours, le visage de l'Azca que Franz avait tué. Et ce même visage quand la balle du pistolet fracassait son crâne. Encore et toujours. Inlassablement. Dix, vingt, trente fois cette première nuit. Et puis, au visage de l'Azca, parfois, se substituait celui de Franz. Qui mourrait. Celui de son Père. Qui mourrait. Ceux de ses soeurs. Qui mourraient. Celui d'Anamaya. Qui mourrait.

Franz se réveilla au milieu de ce cauchemar où, justement, c'était le visage de la jeune Azca qui avait remplacé celui du vrai guerrier Azca. Ce réveil en sursaut lui fit pousser un cri de terreur. Car, à peine émergea-t-il du cauchemar qu'il vit encore le visage d'Anamaya.

En vrai, cette fois.


- Calme, calme. Vous avoir fait cauchemar.

Franz reprit peu à peu une respiration normale. Ce n'était donc plus un cauchemar, mais bien la réalité.

- Que faîtes-vous dans ma chambre, Anamaya?
- Azcas être stupides. Nous penser que nous devoir protéger vie des personnes que nous sauver. Moi avoir sauvé vous, donc moi protéger vous.
- Mais je n'ai pas besoin de protection! Et encore moins maintenant, en plein dans le Fort!
- Vous êtes sûr? Vous faire cauchemar, vous avoir besoin aide. Moi savoir choses comme ça. Vous avoir cauchemar sur quoi?
- Rien, rien du tout.
- Vous mentir! Anamaya pas aimer quand personne mentir. Edoranais mentir souvent. Moi penser que vous être différent, mais pas sûre maintenant parce que vous mentir aussi. Moi être déçue. Très déçue!
- Mais d'ailleurs, vous êtes passée par où, Anamaya?
- Vous changer de sujet! Moi partir!

Aussitôt dit, l'Azca se dirigea vers la petite fenêtre de la chambre. Elle n'était donc pas passée par la porte, mais par la fenêtre. Qui est tout de même à dix mètres du sol. Et autant que Franz peut s'en souvenir, d'un côté du fort où il n'y a aucune prise pour monter jusque là. C'est un mystère complet quant à la façon dont la jeune femme a fait pour grimper jusqu'ici.

L'Azca a déjà passé une jambe par la fenêtre quand Franz l'arrête.


- Très bien, très bien. Je faisais un cauchemar sur ce guerrier que j'ai tué. Le premier après que vous m'ayez sauvé. Je revois sans cesse son visage quand il meurt. Quand il comprend qu'il va mourir. C'est le premier homme que je tue. Je crois que c'est pour ça que cela m'a hanté cette nuit. Et souvent, dans mon cauchemar, son visage est remplacé par ceux des gens de ma famille, mon père, ma mère, mes sœurs. Ou le vôtre. Les visages de gens que j'apprécie...
- Que vous apprécier...Ah, Edoranais être grand sensible! Azca pas avoir problème comme ça, nous faire toujours ce qui est nécessaire. Vous pas vous tracasser à cause de ça. Problème va passer. Et pas oublier que si vous être déranger par cauchemar comme ça, cela vouloir dire que vous être très bon humain...Moi devoir partir! Moi revenir demain soir!

Et hop, deux secondes plus tard, Anamaya avait disparu par la fenêtre.
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Re: Quartier de Franz Biedarzer

Message par Franz Biedarzer le 20/7/2016, 3:27 pm

Encore une journée éprouvante venait de passer. La visite d'un Feld-Maréchal est loin d'être reposante, voilà une certitude, surtout quand le dit Feld-Maréchal est accompagné par une compagnie entière du génie qu'il faut loger (Difficile pour Franz de se satisfaire du "Ils se mettront où il y a de la place" utilisé par le gouverneur et Franz avait donc cherché à assurer le logement de la compagnie nouvellement arrivée dans les meilleures conditions).

Conséquence de cette journée chargée, il se couchait à une heure très tardive de la nuit. Enfin, si on veut, parce qu'à peine entré dans sa chambre, il fut accueilli par un
"Être à heure ci que vous arriver!" tonitruant lancé par Anamaya. Elle avait dû entendre cette expression bien connue dans la bouche d'une édoranaise furibonde. Le comique de la syntaxe fit éclater de rire Franz.

- C'est que j'ai eu une journée chargée! Je vois que vous avez tenu votre promesse de revenir ce soir! Comment, diable, avez-vous fait pour arriver à entrer, alors qu'il y a une sécurité renforcée dans le Fort?
- Oh! Vous, Edoranais, regarder que apparence. Moi sembler innocente, gentille et autres soldats pas faire attention.
- Hum, voilà qui est inquiétant...Un bataillon de jolies Azcas pourrait nous mettre en déroute...

Franz enleva la veste de son uniforme. L'Azca le remarqua et tiqua.

- Vous pas avoir même uniforme. Plus...Or.
- Oui, de plus gros galons. Parce que je suis devenu capitaine...
- Capi...Quoi?
- J'étais lieutenant, je suis monté en grade, capitaine.
- Vous être chef de guerre maintenant?
- Non, non...Loin de là...Je ne suis qu'un petit officier. Hum...Je ne saurais pas vous dire l'équivalent chez les Azcas.
- Et pourquoi être devenu capitène?
- Et bien...C'est compliqué: le poste que j'occupe est normalement réservé à un capitaine, mais je viens d'être diplômé de l'Ecole Spéc...

Anamaya n'y comprenait rien, cela sautait aux yeux.

- Pour faire simple, Anamaya, je devais faire mes preuves pour être capitaine. J'ai fait mes preuves, et voilà!
- Ah, comme quand jeunes Azcas devoir affronter bêtes sauvages pour devenir adultes et avoir femmes!
- Plus ou moins...
- Vous avoir femme, capitène?
- Non! Aucune femme...
- Moi pareil. Pas mari. Mais normal, moi pas pouvoir me marier.
- Pourquoi donc?
- Moi prêtresse. Enfin...Être prêtresse dans passé. Plus maintenant. Pas savoir si pouvoir me marier...
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